fée électricité
15 mar 2011 Laisser un commentaire
in de tout
J’aurais aussi pu choisir comme titre “Comment un tremblement de terre au Japon peut il nous faire nous interroger sur notre mode de vie?”
Mais bon, d’une c’est un peu long, et de deux je trouve ça un poil nombriliste.
Parce que je pense que ceux qui vivent au Japon, ils ont d’autres priorités que nous, qui vivons confortables.
Genre retrouver leur famille, ou s’ils ont eu plus de chance, peser le pour et le contre, rester ou partir, croire ce qu’on leur dit ou pas.
Bref.
Je vais pas écrire sur le Japon et les japonais, parce que je connais mal (très très mal) et j’ai pas envie de tomber dans le pathos.
N’empêche que ce qui s’est passé au Japon a fait ouvrir les yeux à une partie de la population mondiale, visiblement.
“Quoi, vraiment, parfois, on ne peut pas tout maîtriser, et les centrales nucléaires les plus sécurisées sont susceptibles de péter, comme un stupide vieux moteur à explosion crado? Mais dans quel monde vit on?”
Dans quel monde vit on, oui, justement…
En France, 84% de l’électricité est produite grâce à l’énergie nucléaire (source : ma facture d’électricité).
Au Japon, en 2008, c’était environ 30% (source ici). En 2010, probablement plus. Pas loin de 40%.
Au niveau mondial, c’est… entre 5% et 17% selon les sources (bizarrement, les sources proches des producteurs d’électricité nucléaire donnent plutôt entre 15 et 17%, les autres entre 5 et 7%).
Et on entend ça et là des voix s’élever pour nous dire que, non, l’abandon du nucléaire, c’est pas sérieux, c’est des idées de déjantés écolos-baba cool.
Bah oui, forcément. Quand on a construit une politique énergétique autour du nucléaire (84%, quand même, merde!), c’est vrai qu’on ne peut pas l’abandonner comme ça du jour au lendemain.
Ou alors il faut accepter deux trois petites choses…Genre des villes entières remplies de gens qui se les caillent parce qu’ils ne peuvent plus se chauffer, qui n’ont plus d’eau chaude, des entreprises qui ne peuvent quasi plus produire, des rues pas éclairées, ni pour les piétons ni pour les véhicules.
Et le TGV? Et les voitures “de l’avenir”, à technologie hybride, pétrole-électricité!
OK. j’arrête.
N’empêche qu’il y a quand même quelques pays au monde qui ne dépendent pas aussi fortement que nous les Français de ce *** de nucléaire, et il ont quand même des gens chauffés, qui se lavent, qui bossent dans des entreprises où ok c’est la crise mais bon, comme chez nous… Non?
Notre bon Sarko, il a bien proposé une solution, lui : classer le nucléaire dans les énergies renouvelables (si, si!). Chais pas pourquoi, mais les écolos, baba-cool (ou pas), ça les a pas calmé pour autant.
J’habite en Bretagne.
A peu près à 2 ou 3 km à vol d’oiseau d’une centrale nucléaire abandonnée.
Une centrale nucléaire qu’on a voulu exemplaire, qui a été abandonnée très vite parce que trop mal conçue pour être rentable. Qu’on a voulu démanteler de façon exemplaire, pour montrer qu’on sait le faire, et qu’on peut vendre notre savoir-faire à l’étranger. Mais qu’on n’a pas pu démanteler encore, parce qu’en vrai, on ne sait pas le faire. Enfin, si, hein! Mais pas de façon sûre, quoi…
Et depuis 2 hivers, quand il fait froid, je reçois des messages pour me dire qu’attention, aujourd’hui, il va falloir faire attention, pas consommer trop.
Parce que la Bretagne ne produit pas son électricité, et on pourrait bien avoir des coupures.
Je suppose que derrière tout ça, il y a certainement un peu d’idée citoyenne, mais aussi… Un peu d’idée lobbyiste, comme quoi zut, il serait temps qu’on construise en Bretagne un équipement qui lui permette de trouver son autonomie énergétique!… Une centrale nucléaire peut être? Ah mais une top du top, promis juré (craché par terre), hein, une belle, une bien, une sûre de chez sûre, qui sera efficace, qui fera presque pas de déchets, et qui ne pourra pas-jamais!-contaminer la planète et les gens. Parce qu’elle sera maî-tri-sée!
Hum. Bref. Je digresse, là. Où j’en étais, moi?
Ah oui. Imaginer la France avec booooocoup moins de nucléaire. Voire plus du tout.
Vous savez quoi? Il y en a qui disent que c’est possible. Genre eux.
Pas pour tout de suite, pas comme on vit maintenant. Mais possible.
Vous imaginez? En France, ça ferait 77 réacteurs dans le même état que celui qui est à quelques kilomètres de chez moi, en attente qu’on sache les démanteler.
Wow.
Y’aura toujours du boulot, quand on est ingénieur nucléaire.
En attendant, arrêtez le sèche linge, il fait beau, et et éteignez votre ordinateur. Vous surfez beaucoup trop, “vous pouvez maintenant reprendre une vie normale”.
A ciao!